IrèneDuval

violoniste
Gramophone - Gramophone Collector, review by Caroline Gill
"Of all the recordings in this collection, "Poèmes" - the recital disc from Irène Duval and pianist Pierre-Yves Hodique- is one that most effectively balances the slick new world of French performance with the smoky, clautrophobic atmosphere of music still soaked in the nostalgia of the Belle Epoque. There is a real sense of being taken back through the mists of time by this closely recorded disc starting with the sonata Poulenc wrote during the Second World War, it reverses through Szymanowski's filigree La fontaine d'Arethuse (written in 1915 and containing some of his most beautiful melodies), Chausson's epic Poeme of 1896 and the Fauré Sonata of 1876 to Ernst's 1854 Grand Caprice on Schubert's "Erlkönig"".

Diapason n¬į650 - Les Disques de A √† Z, pp.122,123
Irène Duval
VIOLON
4 Diapasons "Poèmes". Pièces de Poulenc, Szymanowski, Chausson, Fauré, Ernst.
Pierre-Yves Hodique (piano).
Mirare. TT:1h14'

Les violonistes encore jeunes et d√©j√† remarquables sont l√©gion. Une technique √† toute √©preuve, salu√©e par de nombreuses distinctions, permet √† Ir√®ne Duval(n√©e en 1992) d'affronter sans faillir les pages de haute virtuosit√© d'Ernst ou de Szymanowski. Sa ma√ģtrise du phras√© et de la dimension dramatique lui ouvre des portes d'univers aussi diff√©rents, malgr√© les apparences, que ceux de Poulenc, Chausson et Faur√©. Il est inutile d'en dire davantage sur un talent aussi √©vident, car tout d√©pend d√©sormais des tournants que prendront sa carri√®re et sa maturation artistique.
Son partenaire, Pierre-Yves Hodique, est de la m√™me vol√©e et susciterait les m√™mes commentaires si l'essentiel n'√©tait pas le programme que cet enregistrement nous offre de suivre. Le titre "Po√®mes" n'est pas mal choisi dans la mesure o√Ļ il invite √† percevoir le "sous-texte" de ces ¬úuvres: Garcia Lorca, Ovide, Tourgueniev, Goethe...
On attendrait la sonate de Debussy et c'est celle de Poulenc qu'ils prennent le risque de proposer en ouverture. A raison car, √† cette enfilade d'√©pisodes d√©cousus, ils donnent la force tonique des coqs-√†-l'√Ęne rebondissant par ricochets. Etonnant!
Après cela, La Fontaine d'Aréthusede Szymanowski coule de source et scintille merveilleusement.
Pierre-Yves Hodique a éprouvé le besoin de réaliser une transcription nouvelle du Poèmes de Chausson, un peu plus proche de la partition d'orchestre, du moins telle qu'elle est écrite, davantage que telle qu'elle sonne. Irène Duval ne craint pas d'user (voire, peut-être, d'abuser dans la longue mélopée a cappella) des portamentos au profit d'une expressivité intense et contenue, rehaussée par une riche palette de couleurs.
Plus abstraite, la Sonate n¬į1 de Faur√© trouve ici une belle interpr√©tation et, dissipant les t√©n√©breux myst√®res du Po√®me de Chausson, permettent d'aborder √† vif le Grans Caprice sur Le Roi des Aulnes, transcription vertigineuse, pour violon seul de la ballade de Schubert par Heinrich Wilhelm Ernst, le Paganini morave. La main gauche et l'archet voltigent avec une c√©l√©rit√© et une pr√©cision ahurissante. On s'en voudrait de remarquer su'il devrait √™tre possible de mieux rendre le poids des mots pour faire de ce Caprice une Romance sans paroles car, tel quel, c'est d√©j√† √©poustouflant.

Gérard Condé

Culture, DNA - Le Sacre d'Irène Duval
"...une complice impressionnante de solidit√© et de confiance pour une musicienne de 21 ans. Et d√®s l'entame, dans cette oeuvre romantique de la maturit√©, l'archet "viril" d'Ir√®ne Duval trace un sillon net et profond. Et plus encore dans un presto dramatique o√Ļ le crin colle litt√©ralement aux cordes, modelant une mati√®re compacte remplie d'√©lectricit√© statique.L'interpr√©tation du duo, loin de c√©der √† la m√©lancolie brahmsienne, se soucie d'architecture et suit une ligne claire, dans un souffle unique.
La Partita √©crite par Lutoslawski en 1984 donne au piano un r√īle souvent m√©tronomique derri√®re un violon quasi improvisateur: par son jeu "marcato".Duval saisit la partition √† bras-le-corps et transcende la tension des passages √† force de notes r√©p√©t√©es, comme des s√©ries de d√©charges.(...)
La d√©monstration de virtuosit√© de la violoniste normande prend des allures de show dans la Fantaisie sur Carmen de Sarasate,(...). Dans la peau d'un tor√©ador √† d√©couvert, Ir√®ne Duval se rapproche du public et se d√©barasse de son pupitre: la ma√ģtrise des arp√®ges fulgurante, des sauts improbables, des changements de modes de jeu - passages nombreux sur les harmoniques -, le tout jou√© avec une remarquable justesse, tient en haleine et d√©clenche les bravos."

Christian Wolff

Le Populaire du Centre - 1001 notes

La Garde Républicaine sous les ordres de Beethoven.

"Dans les concerts classiques il n'est pas recommandé d'applaudir entre les mouvements. L'artiste profite de la pause pour se concentrer, respirer, appréhender les séquences qui vont suivre. A Solignac, la tentation était trop forte. A la fin du premier mouvement du concerto pour violon de Beethoven, servi par la jeune virtuose Irène Duval, le public a manifesté sa joie et son enthousiasme. Enlevée, mais aussi contemplative, la direction de Sébastien Billard, chef de l'orchestre de la Garde Républicaine, crée un climat confortable. Cette atmosphère favorise l'inévitable explosion des pulsions raffinées que la jeune violoniste expose avec un plaisir non dissimulé. Elle restitue à cet ouvrage sa vivacité rythmique et sa poésie. Toutes les notes sont soignées, déposées dans les tympans avec une infinie délicatesse."


Jean-François Julien



Freie Presse - Zwickau. Des Douzaines de Bravos pour la jeune violoniste
(Dans le Concerto de Sibélius)
"Des douzaines de Bravos résonnèrent pour Irène Duval, la jeune violoniste française. [...] Avec sa subtile vibrante et noble sonorité, sa manière audacieuse et pleine d'entrain de faire de la musique, et sa brillante technique, qui même dans les passages les plus rapides lui permettent de garder encore la transparence note après note, la soliste-née de 1992 était bien une expérience pour soi, elle incarnait cette classe que l'on espère retrouver en les prochains artistes invités."

Volker M√ľller

Markneukirchen Zeitung - Edition spéciale

Concert de Gala du 46ème Concours International Instrumental de Markneukirchen.

" Mais le point culminant de cette merveilleuse soir√©e fut alors l'entr√©e en sc√®ne attendue avec tant de suspense ( gr√Ęce au discours de Prof.Berger! ) de la jeune fran√ßaise Ir√®ne Duval, qui avec le concerto pour violon et orchestre en R√© majeur op 61 de Ludwig van Beethoven (1770-1827), a ensorcel√© les auditeurs enthousiasm√©s de la c√©r√©monie ! Son jeu en Finale du concours √©tait d√©j√† excellent, et pourtant ce soir-l√† elle a pu, libre de toute tension, s'abandonner √† la musique : Le coeur s'ouvrait √† l'autre et l'√Ęme...- mais oui, voir Eichendorff !! Le 3√®me mouvement n'√©tait alors que pur joie, et apr√®s que le dernier son se fut √©vanoui, il n'y eut plus d'arr√™t: standing ovations, cris de Bravos, et des applaudissements longs de plusieurs minutes faisaient aller et venir jusqu'au dernier moment la petite, modeste fran√ßaise et l'ont √©mu. Madame Prof.Barbara Sanderling, pr√©sidente du jury dans la cat√©gorie contrebasse, s'exprimait apr√®s le concert √©galement subjugu√©e; un moment pareil, elle ne l'avait encore v√©cu dans aucun concours !"



Freie Presse - Markneukirchen - Beethoven au Paradis
"Une artiste de grand talent a remport√© le concours de Markneukirchen, consacr√© cette ann√©e au violon. La fran√ßaise de 18 ans, Ir√®ne Duval, avait d√©j√† convaincu de son jeu exceptionnel le jury du 46√®me Concours International dans la ville-musique de Vogtland. Puis, lors du concert de cl√īture, le dimanche soir, elle fit m√™me se lever le public. Les ovations et bravos d'un public debout accueillirent sa version du seul et unique (unique √©galement en son genre)concerto pour violon de Ludwig van Beethoven.

Cette jeune violoniste est douée au point de pouvoir prétendre à un grand avenir, en veillant à ce que son talent ne s'use pas. Elle joue avec beaucoup de légèreté - comme si ses doigts ne faisaient qu'effleurer les cordes. De son aisance technique, elle tire un son, quasi délicat, le larghetto du deuxième mouvement sonnait avec rondeur, tel un chant venu des anges - Beethoven au paradis. Ajoutons que Irène Duval avait la chance, en la personne de Jiri Malat à la direction de la philharmonie de Greiz-Reichenbach de Vogtland, d'avoir un partenaire s'adaptant, avec l'orchestre, au jeu extrêmement subtile de la soliste, lui offrant le tapis sonore adéquat. L'accroche au sein de chacun des mouvements, et entre eux, fut préservée, malgré cette légèreté en suspens - Dans le rondo final, Irène Duval pouvait même se permettre de fines et malicieuses couleurs, très charmantes, c'était tout simplement grandiose."

V.M√ľller